Sur le ton de la polémique,
un essai sur les rapports entre
l’artiste visuel, le milieu culturel,
le public et le marché de l’art.

par :
Richard Ste-Marie

retour :richardstemarie.net

voir : les éditions Mémoire Vive

'Y a trop d'artistes
les œuvres d'art sont trop chères
mais c'est pas grave parce que
tout l'monde s'en fout

Évidemment qu’il n’y a pas trop d’artistes !
Sauf que l’aspect professionnel du travail de l’artiste n’est jamais assez annoncé, jamais assez affirmé ni défendu par les artistes eux-mêmes, de sorte qu’il n’est pas surprenant que la salle d’attente de votre dentiste, le bureau de votre conseiller financier ou le hall d’entrée de votre usine soient décorés avec de «beaux cadres» d’amateurs quand ce n’est pas avec des «chromos» de chez Zellers. Les autres professionnels ont une attitude plus corporatiste. Essayez, juste pour voir, de pratiquer la médecine, le droit, la plomberie sans permis. Il ne s’agit pas, bien entendu, d’interdire la pratique des peintres du dimanche. Il s’agit, le plus souvent possible, c’est-à-dire chaque fois que l’occasion se présente, d’affirmer collectivement et personnellement le caractère professionnel du travail de l’artiste visuel.

Évidemment que toutes les œuvres d’art ne sont pas trop chères !
Les collectionneurs ont intérêt à ce que l’œuvre soit rare, les artistes à ce que l’œuvre soit chère (c’est comme la saucisse Hygrade). Artistes et collectionneurs s’unissent ainsi pour garder artificiellement élevé le prix d’œuvres d’art par ailleurs difficiles à vendre. Il n’en reste pas moins que, mises à part les œuvres produites en multiples, les œuvres d’art sont en général trop chères pour la plupart de nos concitoyens.

Évidemment que personne ne s’en fout !
Mais c’est tout comme. Si on compte les ateliers d’artistes ouverts au public, les centres d’artistes autogérés, les centres d’exposition et les galeries d’art, il y a plus de points de vente de l’art contemporain dans la ville où j’habite (Québec) que de succursales de la Société des alcools. Ceux qui ont besoin d’absolu devraient facilement trouver un endroit où étancher leur soif. Malgré les fermetures nombreuses de galeries, l’offre ne manque pas. On manque d’acheteurs. Point. On manque de clients. On a beau faire de l’art, en parler, l’annoncer, le mettre en vitrine, les gens n’achètent pas. Pas assez et depuis longtemps. Et tous les efforts mis pour la production et la diffusion ne changent rien à l’aff
aire.


ISBN 2-9804739-9-5
32 pages, broché

Épuisé mais dorénavant inclus dans Les petites misères

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